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Réduire les déchets organiques à l'école

Les équipes éducatives (écoles, collèges et lycées) mènent régulièrement des initiatives autour du développement durable dans le cadre de leurs projets pédagogiques. Les écoles sont des lieux d’exemplarité dans la lutte contre les déchets et le compostage est un franc succès auprès des élèves, des parents et des enseignants.


Un lombricomposteur, c’est une boîte fermée contenant plusieurs bacs (le nôtre est en plastique 100% recyclé à partir d’anciens paniers de supermarché, vous savez ceux qu’on retrouve en bout de caisse). On y jette tous nos déchets organiques, à savoir tout ce qui est biodégradable dans la nature. Grâce au travail acharné des vers de compost et des “petites bêtes” invisibles à l'œil nu, tous ces déchets se transforment, en quelques semaines, en compost, un amendement naturel de grande qualité. Le lombricomposteur Magic Lombric est une sorte de boîte magique : on y met des déchets et on en ressort de l’engrais.


D’accord, c’est intéressant, mais quel rapport entre l’éducation et le compost ? Pourquoi certaines écoles prennent-elles le temps de mettre cette démarche en place ? Quels bénéfices en tirent-ils pour les apprentissages ? Quels sont les apports pédagogiques ?


Outre le travail scientifique sur les déchets et les être vivants du compost, la mise en place d’un lombricomposteur permet d’impliquer l’ensemble de la communauté éducative autour d’une démarche concrète, transdisciplinaire, qui permet aux élèves de développer de nombreuses compétences (disciplinaires et transversales) et de solliciter entre autres l’engagement, l’esprit critique, la créativité et l’intelligence collective.


Concrètement, comment installer et entretenir ce lombricomposteur ?


Le lombricomposteur, objet d’expériences scientifiques


En amont de l’installation d’un lombricomposteur au sein de leur établissement, les enseignants ont généralement mené un travail préparatoire sur les déchets. L’objectif pédagogique est double : connaître les caractéristiques de la matière et sensibiliser à la protection de l’environnement.


Pour mener à bien ce travail, l’observation des déchets collectés dans la nature peut inviter les élèves à caractériser et identifier chaque matière. Cela conduit naturellement à prendre conscience de l’importance de trier les déchets, comprendre que certains déchets sont biodégradables, limiter la quantité d’ordures ménagères par le recours au compostage, respecter la planète en produisant un fertilisant naturel.



Les élèves peuvent également pratiquer la méthode scientifique en expérimentant la décomposition de la matière. On peut ainsi parler de :


- la dégradation des déchets organiques : au fil du temps, les déchets se décomposent, mais pas tous à la même vitesse ;

- la dégradation des différents types de déchets dans la nature.


Préalablement à l’installation du lombricomposteur, cette étape s’avère nécessaire pour donner du sens à la mise en place de cet outil de réduction des déchets, mais aussi pour éviter les erreurs lors de dépôt des déchets dans le bac à compost.


Dès lors que le lombricomposteur est mis en place, les apprentissages se poursuivent.

L’étude des “petites bêtes” qui l’habitent offre l’opportunité d’en savoir plus sur la biodiversité et son rôle crucial dans le maintien d’un écosystème équilibré. Cette étude peut être menée dans une variété de domaines et à travers de multiples activités :


- en sciences : observation, dessin d’observation, classification, jeux des différences/ressemblances… selon l’âge et le niveau des élèves ;


- en projets transdisciplinaires : réalisation d’une affiche explicative, d’un imagier, d’un répertoire de la biodiversité du compost, fabrication d’un jeu (mémory, loto…), reportage multimédia, etc.


Le lombricomposteur, outil de sensibilisation


Certain.e.s enseignant.e.s ont profité, avec la collaboration de leur école, de la mise en place d’un lombricomposteur pour sensibiliser leurs élèves à la quantité de déchets produits au quotidien.


Cette démarche peut se poursuivre par une réflexion, plus large, autour de la consommation et ses répercussions, que ce soit en termes de déchets (favoriser le recyclage, règle des 5R) que sur le climat.


Le lombricomposteur, un socle de projet collaboratif


De nombreuses expériences ont montré que le lombricomposteur était un excellent moyen de créer des liens et une collaboration entre élèves. Il est possible, par exemple, de mettre en place des rapporteurs dans chaque classe et de demander aux plus grands de faire le tour des classes en fin de semaines pour apporter l’ensemble des déchets au lombricomposteur ; ou bien de créer une responsabilité au sein de la classe de “responsable du lombricomposteur”.


Dans certains établissements, les familles sont mises à contribution et invitées à apporter leurs déchets organiques (à tour de rôle ou quotidiennement selon la taille et le milieu de l’établissement). Cela permet une meilleure inclusion des familles dans les établissements et la scolarité de leurs enfants, tout en les sensibilisant à des éco-gestes essentiels.


A travers nos échanges avec une école située dans le département de l’Oise, les enseignant.e.s sont unanimes : le lombricomposteur a été bien accueilli par toutes les parties : élèves (fiers de leurs actions écologiques), collègues et agents d’entretien. Il offre une quantité de sources d’apprentissages, à la fois des connaissances scientifiques et la capacité d’être un citoyen éco-responsable.




Convaincu.e.s ?


Alors comment s’y prendre ? Comment mettre en place un lombricomposteur dans votre école ? Comment l’alimenter et l’entretenir ?





Mettre en place un lombricomposteur


Premièrement, il est nécessaire de se procurer cette fameuse boîte magique, le Magic Lombric. Certain.e.s enseignant.e.s l’ont obtenu gratuitement (auprès de la mairie, de leur agglomération ou du syndicat de gestion des déchets) ou via un achat de leur coopérative scolaire. Il arrive parfois qu’un intervenant de la commune intervienne dans l’établissement pour mettre en place et présenter le lombricomposteur aux élèves. Cependant, la difficulté de la mise en place du lombricomposteur ne tient pas à son installation, mais plutôt à son entretien.


Pour fabriquer un engrais de qualité supérieure, les déchets ajoutés dans le lombricomposteur doivent être des déchets organiques, mais ils doivent également être apportés dans des proportions équilibrées.


Il est important de présenter aux élèves et aux équipes pédagogiques les déchets qui peuvent être mis dans le lombricomposteur :


- des déchets verts dits humides (les déchets de cuisine comme les épluchures de fruits et légumes, le marc de café, les sachets de thé compostables, les fleurs fanées…),


- des déchets bruns dits secs (les cartons vierges de toute impression couleur comme les boîtes à œufs, les rouleaux de papier toilette, le carton d’un colis…).


Le ratio de déchets verts et bruns doit être égal pour qu’ils puissent être efficacement transformés en compost. S’il y a trop de déchets verts, le compost sera trop humide et risque de pourrir avant de se décomposer en dégageant une odeur désagréable ; s’il y a trop de déchets bruns, le compost sera trop sec et ne se décomposera pas.


Des affiches peuvent être créées et affichées dans l’école pour rappeler à tous le processus de compostage. Ces informations autour du compost pourraient se trouver dans les lieux de récupération des déchets (à la cantine, dans la salle des maîtres, dans les cahiers de liaison pour solliciter les familles par exemple). En plus d’être un projet amusant pour les enfants, les affiches sont nécessaires pour un compostage réussi et donc la réalisation du projet.


Plus encore que l’alimentation du lombricomposteur, il est important de s’assurer qu’il est bien aéré. Différents outils peuvent être utilisés pour brasser de temps en temps le contenu du bac à compost : gants de jardinage, cuillère en bois, griffe de jardin… Les plus grands pourront procéder eux-mêmes à cette aération.


Pour que le projet de vermicompostage soit une expérience de transition réussie et une occasion d’apprentissage, des partenariats seront nécessaires. Ces partenariats pourraient être soit avec la mairie, soit le syndicat de gestion des déchets mais aussi le périscolaire, la cantine ou même les familles des élèves. Pour son entretien, le lombricomposteur peut rester autonome jusqu’à 4 semaines. Ainsi, il n’est pas obligatoire d’alimenter les vers de compost pendant les vacances scolaires, excepté pour les deux mois d’été où il est préférable qu’ils résident chez un des membres de l’équipe pédagogique.


Le lombricompostage : c’est facile et malin !


Inodore et clos, il peut être installé à l’intérieur. Le lombricomposteur produit, en plus du compost solide, un engrais liquide très efficace (tellement concentré qu’il doit être dilué à 10% de concentration pour être utilisé). Certains enseignants et/ou éducateurs choisissent le lombricomposteur, pour sa facilité d’observation et de transport pour étudier la dégradation des déchets organiques.

Si dans un composteur classique les micro-organismes et autres “petites bêtes” s’installent d’eux-mêmes, dans un lombricomposteur, c’est à nous de les aider à s’installer. A ce titre, il est possible soit d’en acheter, soit de faire appel à la générosité de personnes ayant leur propre système de lombricompostage avec suffisamment de lombrics à fournir. Le site plus2vers propose de nombreuses ressources sur le lombricompostage. Une fois les vers bien installés dans le lombricomposteur de la classe, ils se reproduiront et la classe pourra à son tour donner des vers pour permettre à quelqu’un d’autre de commencer à composter à domicile, renforçant ainsi l’entraide qui est indissociable de la transition sociale.


Pour conclure


Le lombricompostage est un formidable outil de promotion des comportements durables et des valeurs sociales et environnementales auprès des élèves. Il n’est donc pas surprenant que le compostage soit souvent abordé dans les écoles.